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Déserts médicaux : vers un relèvement du numerus clausus

par La rédaction - le 23/12/2016

Quelles sont les pistes pour remédier à l’insuffisance de l’offre de soins ? Alors que l’augmentation du numerus clausus est annoncée, la multiplication des maisons et pôle de santé et le développement des stages en médecine générale sont plébiscités.

Malgré une moyenne nationale de 334 médecins pour 100 000 habitants selon les chiffres de l’INSEE, la France compte de nombreuses zones où l’offre médicale est insuffisante pour répondre aux besoins de la population : les déserts médicaux.

Augmenter le numerus clausus

Pour remédier à cette situation, la ministre de la santé Marisol Touraine vient d’annoncer l’ouverture de 478 places en 2ème année dans 22 facultés, soit une augmentation de 11% du numerus clausus ainsi que la création d’une mission parlementaire sur la démographie médicale.

En novembre 2015, la création de 131 places supplémentaires ciblées sur les régions où la densité de l’offre de soins était la plus faible avait déjà été actée, soit une augmentation de 6,4% du numérus clausus était déjà intervenue. Des mesures prises dans un contexte où des amendements ou des propositions de loi proposent de limiter la liberté d’installation des médecins. Les mesures annoncées ne satisfont ni les organisations syndicales, la Fédération française des Médecins Généralistes, en tête ni les représentants des étudiants dont l’Association Nationale des Etudiants en Médecine (Anemf) ou l’Intersyndicale des Internes en Médecine Générale (Isnar-IMG), qui doutent de leur efficacité.

Pertes sèches en généralistes

D’après les Atlas régionaux de la démographie médicale publié par le Conseil National de l’ordre des Médecins (CNOM), on dénombre plus de 193 zones de déserts médicaux, concentrant une population de près de 2, 5 millions.

On constate également une forte disparité entre les régions. Aux deux extrémités du spectre, la région Centre-Val de Loire recense la plus faible densité avec 232,7 médecins pour 100 000 habitants tandis que la région PACA enregistre la plus forte densité avec 350 médecins pour 100 000 habitants. Avec le Centre-Val de Loire, les régions de Normandie et des Pays-de-la-Loire concentrent le nombre le plus important de déserts médicaux. Si la situation est particulièrement préoccupante pour les spécialistes, pédiatres, gynécologues, ophtalmologistes, les effectifs de médecins généralistes sont touchés par le nombre important de départs en retraite. Une réduction des effectifs qui pourrait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025. Depuis 2007, le nombre généraliste a baissé de 8,4%. Et la capitale n’est pas épargnée par ce phénomène en raison notamment du coût important de l’installation au regard des prix de l’immobilier, notamment.

Sécuriser l’offre de soin dans les territoires

Le phénomène des déserts médicaux empoisonne la vie des communes. Il a d’ailleurs fait l’ouverture du 99ème Congrès des maires de France. Comment renforcer l’attractivité des territoires ? Nombre de communes, joue la carte incitative, proposant des exonérations de charges et de loyer, notamment pour attirer des médecins étranger allant jusqu’à créer un effet de mercato assez délétère. La mise en place de maisons médicales pluridisciplinaires et de pôles de santé constitue sans doute une bonne réponse car elle assure aux praticiens des conditions favorables d’exercice : travail en groupe, horaires assurant l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, etc…

En 2018, le seuil d’établissements de 1400 devrait être atteint. D’après les résultats de l’enquête réalisée par la Commission Jeunes Médecins, présidée par le docteur Jean-Marcel Mourgues, repris par le CNOM en 2016, la solution réside dans la formation. Inclure des stages ambulatoires le plus tôt possible en médecine générale permet de renforcer l’attractivité de la spécialité et des territoires en souffrance : 66% des étudiants interrogés déclarent ainsi avoir opté pour la médecine générale après avoir effectué un stage dans cette spécialité en 2ème cycle, et ces jeunes médecins souhaitent, à terme, exercer en libéral pour 58% d’entre eux.

 

La rédaction

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