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Retraite complémentaire : bonus ou malus ? 

par La rédaction - le 05/04/2018

Un mécanisme de coefficient de solidarité a été mis en place pour inciter les salariés du privé à retarder leur départ en retraite.

Au 1er janvier 2019, si vous avez effectué tout ou partie de votre activité professionnelle dans le privé, vos droits à la retraite vont changer. La raison ? L’accord d’octobre 2015 signé par les partenaires sociaux  qui instaure un mécanisme de bonus-malus (baptisé coefficient de solidarité) pour  les caisses des régimes de retraite complémentaire, l’Association pour le Régime de Retraite Complémentaire des Salariés (l’Arrco) et l’Association Générale des Institutions de Retraite Complémentaire des Cadres (l’Agirc).

Des enjeux significatifs

Cette réforme a pour objet de limiter le déficit des caisses de retraites complémentaires, (plus de 3 milliards en 2015 pour les deux caisses),  et aura un impact significatif sur les retraites des professionnels concernés. En effet, la retraite complémentaire constitue un quart à un tiers de leur pension totale et plus de la moitié de celle-ci pour les cadres.

Les professionnels concernés

L’Arrco gère le régime de retraite complémentaire de 18 millions de salariés et de 11,9 millions de retraités : ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise y compris les cadres. L’Agirc, qui gère le régime de retraite complémentaire de l’ensemble des salariés cadres, revendique, quant à elle, 4 millions de salariés affiliés et  2,7 millions de retraités. Afin de renflouer les comptes des caisses de retraite complémentaires, l’accord de 2015 a pour objectif d’inciter les actifs à différer leur départ en retraite, via un mécanisme de malus.

Les professionnels concernés sont ceux qui, nés à partir de 1957, partiront à la retraite à partir du 1er janvier 2019. Le mécanisme de malus ne s’appliquera que jusqu’à l’âge maximum de 67 ans. Les retraités exonérés de contribution sociale généralisée (CSG) – soit environ 30% des retraités – ne se voient pas appliquer de système de malus. Ceux qui sont soumis à un taux réduit de CSG voient leur malus réduit de 50%.

En pratique

Concrètement, un salarié de 62 ans, remplissant les conditions de durée de cotisation de 41,5 ans qui décide de prendre sa retraite, subira un malus de 10% sur le montant de retraite complémentaire qu’il percevra, ce pendant une durée de 3 ans. Ce n’est donc qu’à 65 ans qu’il percevra l’intégralité de sa retraite complémentaire. En revanche, un actif de 62 ans, remplissant les conditions de durée de cotisation de 41,5 ans, qui choisit de travailler quatre trimestres de plus, ne se voit appliquer aucun malus. Il aura sa retraite à taux plein à 64 ans. Plus intéressant encore, s’il travaille jusqu’à 64 ans, il bénéficie d’un bonus de 10% sur sa première année de retraite, à partit de huit trimestres travaillés,  d’un bonus de 20% sur sa deuxième année de retraite, pour 12 trimestres travaillés et de 30% la troisième année, pour seize trimestres travaillés en plus.

La rédaction

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