Placement long terme
Décryptage

Le livret A est un des placements préférés des Français au même titre que l’assurance-vie

par La rédaction - le 24/06/2013

Comment sont utilisées ces sommes par les établissements bancaires ?

Un bref rappel historique et les évolutions à venir dans un environnement économique difficile de ce placement.

Créé pour solder les dettes de guerres napoléoniennes

Créé initialement par Louis XVIII pour solder les dettes générées pendant les guerres napoléoniennes, le livret A est aujourd’hui affecté à bien d’autres missions : dettes d’états de la zone euro, investissements en actions, consolidation des ressources des banques, prêts aux PME et aux collectivités locales,… l’argent que les Français placent dans leur livret A prend des directions multiples.

 

Près des deux tiers sont centralisés à la Caisse des dépôts

Depuis un décret du 16 mars 2011, applicable le 1er mai 2011, les banques sont tenues d’affecter 65% de ce qu’elles collectent sur les livrets A et Livrets de Développement Durable (LDD) vers la Caisse des dépôts et Consignations (CDC), dont l’état est actionnaire à 100%.

Le directeur général de la CDC s’était prononcé en octobre 2010 pour un taux de centralisation de 70%, le jugeant « nécessaire pour que la caisse puisse continuer à honorer les engagements des programmes qui sont définis par l’État ». La position des banques était différente puisqu’elles prônaient un taux de centralisation plus faible de 50%. Certaines le justifiaient par le fait que la CDC « disposait d’un surplus de liquidités non utilisé et qu’il était donc contre-productif d’immobiliser plus de liquidités retirées du circuit bancaire au détriment du financement des PME et de l’économie ».

 

Du nouveau dans la centralisation des sommes

Les banques sont en train d’avancer dans leur requête, dans un contexte où le plafond du livret A a été relevé en fin d’année 2012. Près de 30 milliards d’euros ont ainsi migré des banques vers la CDC. Elles viseraient les 50 milliards d’euros d’excédents d’épargne qui ne sont pas utilisés pour financer le logement social. Cette rentrée de fonds serait effectivement la bienvenue alors qu’il manque 200 milliards d’euros pour satisfaire les nouvelles normes réglementaires européennes comme Bâle 3 (qui vise à augmenter le ratio de solvabilité les banques suite à la crise des « subprimes » de 2007).

 

La CDC envisagerait une enveloppe de 25 millions d’euros

La Caisse des dépôts et Consignations envisagerait de transférer 25 milliards aux banques à deux conditions :

  • conserver un droit de tirage sur ces fonds en cas de nécessité,

  • abaisser la commission de 0,5% qu’elle verse aux établissements financiers pour la collecte de l’épargne réglementée.

La Caisse souhaiterait que sur les 25 milliards d’euros transférés, 15 milliards proviennent du livret d’épargne populaire (LEP), avec pour conséquence de renchérir le coût de cette ressource pour les banques, le LEP étant rémunéré à 2,25%, contre 1,75% pour le livret A.

 

L’affectation des sommes épargnées sur le livret A fait donc encore débat. Pour autant, compte tenu de la récente baisse de rémunération et une baisse future annoncée au mois d’août 2013, il se peut que les flux soient réaffectés à d’autres supports d’investissement plus rémunérateurs, ce qui tenderait à modérer l’intérêt du débat en cours.

 

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Crédit photo : ©portail-actus.caissedesdepots.fr

La rédaction

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