Placement long terme
Décryptage

Faut-il faire confiance aux informations extra-financières pour investir ?

par La rédaction - le 26/10/2015

L’interprétation des graphiques et des résultats financiers ne suffisent plus à l’évaluation d’une entreprise avant d’investir. L’analyse extra-financière veut s’imposer comme un élément de prise de décision supplémentaire. Le peut-elle ? Éléments de réponse

 

Sortir des sentiers battus. Investir à long terme sans mauvaise surprise. Financer des entreprises en ligne avec vos valeurs de vie. Ces objectifs ressemblent à ceux de l’investissement socialement responsable. Aucune surprise à cela : c’est l’ISR qui a mis en avant et développé l’analyse extra-financière. Au début, on pouvait croire que cette dernière remplacerait, dominerait ou prendrait le pas sur l’analyse financière. Tel n’est pas le cas. Pour autant, l’analyse extra-financière a creusé son sillon et fournit un vaste volume d’informations, à commencer par le rapport de responsabilité sociale de l’entreprise.

 

 

Le rapport de responsabilité social

Si ce rapport est disponible pour qui souhaite le consulter, notamment sur le site internet de l’entreprise, le nombre de pages s’avère rébarbatif, tout comme sa présentation. Et les informations dévoilées sont rédigées dans un objectif de « communication positive » de l’entreprise : montrer le meilleur d’elle-même. Cet aspect subjectif touche aussi l’interprétation qui peut en être faite par tout lecteur. Difficile pour une personne extérieure de percevoir les points de frictions ou les petits manquements opportunément oubliés. Reste que le rapport de responsabilité sociale demeure la référence par la densité des éléments extra-financiers disponibles. Il donne de précieuses informations : les faits marquants de l’année ; les principaux indicateurs sociaux tels que la répartition des effectifs ou les investissements en formation ; les engagements précis de l’entreprise dans la responsabilité sociale ; le développement des collaborateurs ; la préservation des savoir-faire ; la qualité de vie au travail dont la santé et la sécurité mais aussi la mise en oeuvre du dialogue social ; la prévention des discriminations, le respect de la singularité, la place de l’handicap, le parcours professionnel des seniors…

 

Est-il possible de compléter ce rapport de responsabilité sociale, de le nuancer ou tout simplement de le compléter ? Sans aucun doute ! Et à commencer par une recherche pour savoir si l’entreprise a fait l’objet d’une condamnation en droit du travail, en droit du commerce, en droit des affaires ou encore en droit fiscal, par exemple. La nature des éventuelles condamnations peut éclairer sur la manière dont l’entreprise opère pour développer son activité. Un travail de recherche qui nécessite du temps, de la méthode et quelques connaissances en droit. Il y a, aussi, des études et des rapports menés ici et là, sur des sujets transverses aux entreprises. Elles peuvent mettre en avant des points saillants, positifs ou négatifs, sur des éléments extra-financiers. Enfin, les articles de presse viennent compléter les sources pour renseigner ce que l’entreprise fait correctement, ou pas, au sens moral, éthique, comportemental ou managérial.

 

 

Les normes AFNOR

Devant cet océan de données, comme pour l’analyse financière, l’analyse extra-financière aurait bien besoin d’indicateurs objectifs, et suffisamment fiables pour qu’on leur fasse confiance et qu’on s’évite une énergie incroyable pour se faire une idée juste de la performance extra-financière d’une entreprise. C’est du côté de l’assureur Generali qu’une piste, allant dans ce sens, a vu le jour en s’appuyant sur l’AFNOR et ses normes ISO 26 000 pour la responsabilité sociétale, ISO 31 000 pour le management des risques ou encore ISO 22 301 pour la continuité d’activité. Autrement dit, ces normes lui permettent de lister les entreprises vertueuses. “En accompagnant ses clients dans une meilleure maîtrise de leurs risques, la compagnie leur permet de réduire leur sinistralité, et de développer leur activité de manière plus durable et responsable”, explique Generali. Concrètement, l’assureur les utilise pour mener son diagnostic sur chaque entreprise à assurer. Ce dernier mesure la performance des processus, le degré de maturité de l’entreprise dans son engagement en matière de responsabilités sociale et environnementale (RSE), et la pertinence du management de ses risques.

 

A posteriori, le constat montre que l’application de telles normes impactent d’abord les relations dans, et avec, l’entreprise : des salariés plus impliqués, des clients ou fournisseurs plus satisfaits et plus enclins à augmenter les commandes. Ensuite, cette amélioration des comportements joue sur l’implication de toutes les parties dans la progression de l’activité de l’entreprise. En bout de chaîne, l’entreprise se trouve plus robuste pour résister aux aléas de la vie économique. En somme, une entreprise normée offre une meilleure rentabilité à moyen et long terme. En cela, elles peuvent être utilisées comme un indicateur avancé au même titre qu’un indicateur chartiste. À ceci près, que la norme donne un regard à trois ans, au mieux, le temps que les modifications portent leurs fruits. L’investisseur particulier se doit donc de bien l’appréhender et ne pas se précipiter sur l’impact d’une norme sur les résultats d’une entreprise.

 

 

L’accompagnement de la maîtrise des risques

Au-delà du cadre visé par chaque norme, il faut savoir qu’elle n’est en rien obligatoire. L’entreprise sollicite volontairement un contrôle visant à lui indiquer si elle est éligible à une norme. Pour cela, elle doit être conforme, ou se mettre en conformité, avec les critères de la norme. Cette mise en conformité et le suivi du respect de celle-ci permettent à une personne extérieure de se faire une idée assez fidèle sur la façon dont l’entreprise est gérée. Reste, à ces normes ISO, à attirer les entreprises. Celles qui sont clientes de l’assureur Generali peut être un peu plus vite que les autres. Du coup, il faudra encore attendre un peu pour analyser les éléments extra-financiers sans devoir soi-même interpréter les informations collectées, comme on le pressent avec les normes volontaires. Patience, patience.

La rédaction

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