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Décryptage

Ce qu’il faut savoir avant d’utiliser un PEA-PME

par La rédaction - le 17/11/2014

Disponible depuis mars 2014, le petit-frère du PEA peine à trouver sa place. Il accumule toute une série de contraintes. Ces écueils doivent-ils vous laisser à l’écart de ce produit ? Notre éclairage

Avant même son lancement en mars 2014, le pari du PEA-PME était jugé comme osé. A ce jour, ce nouveau produit ne séduit pas, ou pas encore. Les débuts prometteurs ne se sont pas confirmés ni pendant l’été, ni durant l’automne. La baisse des marchés financiers sur la même période a pesé sans aucun doute sur la motivation des possibles souscripteurs. Ce constat met aussi en lumière un produit finalement trop complexe ou pas assez différent du PEA qui offre plus de flexibilité dans les arbitrages de gestion. Pari perdu ? Pas encore ! Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2014, les fonds PEA PME ont surperformé le CAC 40 avec une performance moyenne de 5,8 % contre un gain de 2,8 % pour l’indice phare de la Bourse de Paris. Une preuve que ce segment de valeurs mobilières offre du potentiel de rendement pour qui sait comprendre le produit et maîtriser les risques de perte en capital. Et le lancement de l’indice Enternext PEA-PME va peut être aider à la visibilité de la performance des sociétés éligibles.

Le profil des entreprises éligibles au PEA PME
Pour détenir un plan d’épargne en actions dédié aux petites et très petites entreprises, les souscripteurs doivent avoir déjà ouvert un PEA et avoir atteint le plafond de 150 000 euros. S’ils respectent cette condition d’ouverture de compte-titre auquel est affecté un avantage fiscal sous la forme d’une exonération des plus-values au-delà de la cinquième année de détention, ils disposent d’une enveloppe maximale de 75 000 euros pour investir dans les petites et très petites entreprises, mais aussi les entreprises de taille intermédiaire (ETI). C’est-à-dire les entreprises ayant moins de 5 000 salariés et un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou un total de bilan ne dépassant pas les 2 milliards d’euros. Plus précisément, le capital placé doit être investi au moins à hauteur de 75 % en titres d’entreprises cotées ou non cotées mais ayant leur siège social dans l’un des pays membres de l’espace économique européen. Ces titres peuvent être détenus directement ou par l’intermédiaire d’un fonds dits “PEA-PME”. Il faut préciser qu’au maximum un tiers des titres peut être détenu via des obligations convertibles émises par les entreprises éligibles à ce produit d’épargne en actions. Enfin, jusqu’à un quart des sommes versées sur le PEA-PME peut être alloué à tout support financier. C’est au libre arbitre de chaque détenteur.

De ces caractéristiques découlent trois types de risques de perdre tout ou une partie du capital investi. Le premier risque : faire un mauvais choix de valeur ou de fonds. Ici, pour un particulier, l’accès à une information fiable et pertinente s’avère encore plus difficile que pour les grandes entreprises, pour parvenir à se faire une idée et une conviction sur la stratégie et la santé financière de l’entreprise étudiée. Même les fonds ne disposent pas d’une vision globale du périmètre PEA-PME !!! Sur les seules quatre cents trente entreprises cotées et éligibles au PEA-PME, à peine la moitié serait suivie par un analyste financier et cent cinquante ont été retenues pour l’indice développé par Enternext. C’est dire le chemin qu’il reste à faire pour que le particulier ne se focalise pas sur les entreprises les plus grosses et les plus connues et qu’il s’intéresse, en toute confiance, dans des petites entreprises moins connues mais néanmoins prometteuses.

Les couvertures de risque dans les fonds PEA PME
Le deuxième risque : un retournement de tendance rapide sur les marchés financiers. Sur ce point, les gérants de fonds constatent qu’ils ne disposeraient pas d’un panel d’outils assez étendu pour couvrir leurs positions d’un risque de marché. Par exemple : des trackers pour annuler l’impact des marchés financiers sur la valorisation des actions ou les obligations, selon Arkeon Finance. Ce qui expliquerait qu’un particulier n’a le choix qu’entre 65 fonds PEA-PME contre 1 300 pour un PEA classique. De son côté, le particulier pourrait orienter le quart de son capital vers des produits structurés. Mais cela nécessite de sa part une bonne compréhension de leur fonctionnement et des scénarios qu’ils jouent par leur intermédiaire.

Le troisième risque : la liquidité. Ce risque n’a rien de surprenant. De par leur taille et leur capitalisation, les entreprises bénéficiant des capitaux des PEA-PME n’ont pas la même attractivité que les entreprises du CAC40. L’échange entre un acheteur et un vendeur de titre s’effectue très souvent en décalé. Du coup, en cas de mauvaise nouvelle, on peut se retrouver dans la situation où l’on ne peut pas revendre à temps. Pour éviter ce type d’aléas, il existe des contrats d’animation pour les sociétés cotées, appelés aussi contrats de liquidité. Pour les autres, il peut être conclu un accord permettant, à échéance régulière, de pouvoir sortir du capital en accord avec les autres actionnaires.

Bref, le PEA PME est à utiliser pour qui s’intéresse déjà aux petites entreprises, l’appréhension du risque ne constituant plus un point de blocage. Il offre une solution de diversification à ne pas négliger en complément d’un PEA arrivé au plafond.

La rédaction

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